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Présentation de la revue Images du Travail, Travail des Images

Le double projet d’Images du travail

Cette revue entend rassembler chercheurs et professionnels autour d’hypothèses de travail communes. Il s’agira dans un premier temps de rendre compte de l’actualité de la recherche et des productions dans le champ, et d’offrir un espace de débat autour de ces questions. C’est dans cet échange que s’élabore la revue Images du Travail, Travail des Images.

Argument

Nous baignons dans un flux continu d’images, fixes ou animées : elles influent sur nos représentations, nos manières de sentir et d’agir, nos pratiques, nos vies tandis que nous participons, en retour, de plus en plus intensément, à la production d’une part d’entre elles.

Depuis peu et encore avec beaucoup de prudence, les sciences sociales du travail tendent à mobiliser plus souvent les images dans les différentes étapes des recherches. Il importe alors de faire le point sur ces travaux. Images du travail, travail des images ambitionne de devenir le lieu où les recherches visuelles sur le travail, indépendamment des horizons disciplinaires, sont exposées, discutées, capitalisées. Même si l’image réfère d’abord à la vie familiale et aux loisirs, à la consommation et au spectacle, à l’actualité politique ou mondaine, le monde du travail n’est pas resté à l’écart de cette production inflationniste. Il suffit de noter la place du travail dans le cinéma contemporain, documentaire comme de fiction : depuis Les Temps modernes ou La Bête humaine, par exemple, jusqu’à Ressources humaines ou Violence des échanges en milieu tempéré, depuis La sortie de l’usine Lumière à Lyon au récent Entrée du personnel, quelque chose du travail, de sa place dans nos vies, des souffrances ou des joies qu’il occasionne tente de se dire à travers l’image. Quelque chose qui a à voir avec la réalisation du travail et les conditions dans lesquelles les individus l’effectuent, leurs espérances ou leurs déceptions ; toutes réalités que photographes et cinéastes n’ont cessé de documenter, qu’ils aient montré le travail lui-même, les ateliers ou les bureaux, ou les quartiers populaires. Dans le même temps les parties prenantes des activités de travail, qu’il s’agisse des directions d’entreprises, des groupes professionnels, des syndicats, de travailleurs en lutte sont de plus en plus soucieux de leur image publique.

Ces constats ne sont pas nouveaux. S’il n’est pas inutile de les rappeler, il importe de les remettre en perspectives dans le contexte actuel, marqué par la profusion des images et la spectacularisation de la vie sociale. En somme : interroger, plus encore, tant la production des images dominantes, celles qui entretiennent le spectacle marchand et l’hédonisme insouciant, que la contre-production d’images critiques, qui travaillent la réalité économique et sociale et tentent de donner à voir ce que le spectacle dominant occulte.

Les recherches qui questionnent les représentations et les pratiques des individus au travail sont pourtant peu nombreuses. Celles qui s’intéressent aux productions photographiques ou audiovisuelles sont encore plus rares. Dans un autre registre, les questionnements sur l’utilisation des images dans la recherche en sciences sociales restent sporadiques.

Images du travail, travail des images se propose d’aborder l’ensemble de ces questions. Revue scientifique pluridisciplinaire, elle vise à confronter les pratiques et les recherches en sciences sociales du travail qui mobilisent ou fabriquent des images tout comme celles qui s’intéressent à l’analyse des images. C’est un espace électronique, gratuit et ouvert à tous bien qu’il s’adresse en priorité aux chercheurs et aux professionnels de l’image. À côté de la forme écrite classique, les articles intègrent les images, fixes comme animées, dans leur démonstration. La complémentarité entre texte, image et son est recherchée systématiquement.

 

 

Dernier numéro publié

  • Image illustrant la publication n°2. Les ouvriers et la photographie : de 1945 à nos jours

    Images du travail, Travail des images

    n°2. Les ouvriers et la photographie : de 1945 à nos jours

    La photographie n’a jamais eu le monopole de la représentation du monde ouvrier. Peintres, dessinateurs, caricaturistes ou propagandistes, entre autres, ont largement contribué à en produire des images, dès avant l’invention de la photographie et par la suite. Mais sans doute faut-il considérer que la photographie a pu se prévaloir de deux avantages décisifs dans la concurrence qui a pu l’opposer aux autres modes de représentation : sa capacité à enregistrer le réel qui se présente devant son objectif et donc à le documenter avec une exactitude plus grande que le peintre, par exemple, et la possibilité dont elle s’est dotée très rapidement de reproduire ses images à l’infini, sur les supports les plus divers, pages de livres ou de revues notamment, ou encore cartes postales. Une photographie porte toujours la trace de quelque chose qui a été – cf. le « ça a été » de Roland Barthes (1980) –, elle peut, de ce fait, porter témoignage de la portion de réel qu’elle restitue et son témoignage a pu très tôt être diffusé largement, dans un souci d’intervention ou, plus modestement, d’alerte, selon les intentions du photographe.   Si la photographie s’est ainsi proposée d’emblée comme moyen d’agir sur le monde (Benjamin, 1935/2002), elle est aussi apparue à un moment historique qui invitait à rendre compte des profondes évolutions en cours. Le développement industriel est largement amorcé lorsque L. Daguerre ou W.H. Fox Talbot réalisent leurs premières images. Mais il ne s’agit pas là d’une simple concomitance. L’invention de la photographie ne cristallise pas seulement les progrès de la chimie moderne et ne substitue pas seulement un dispositif technique, à la fois chimique et mécanique, à la main du peintre ; il y a aussi que son développement s’est calé sur la production en série de marchandises standardisées, caractéristique de la transformation alors en cours du mode de production capitaliste (Rouillé, 2005). Les conditions dans lesquelles celle-ci se réalisait ont très vite attiré l’attention des observateurs les plus divers, des philanthropes aux théoriciens du mouvement social en passant par les médecins ou les sociologues. Si l’enquête utilisait encore avant tout les procédés de l’observation ou du questionnaire, les photographes n’ont pas tardé à fournir des images, quelquefois prises dans les lieux mêmes de production, plus fréquemment à leur périphérie.

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Dernière mise à jour : 29 juin 2016

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